La particule na な

Selon la situation, la particule na な est prononcée en deux temps avec un « na long », dans ce cas on l’écrit de la sorte : naa なぁ. Cette particule, à l’instar des particules ne ね et yo よ, se place toujours en fin de phrase afin de donner une certaine nuance à notre propos.

Lorsque l’on emploie naa なぁ, c’est comme si l’on s’adressait à soi-même en disant à haute voix ce que l’on pense. En français aussi, on a cette façon de dire tout fort le fond de notre pensée :
Aah, ce qu’il fait froid aujourd’hui… (Kyou wa samui naa…).

I. Réflexion personnelle.

Quand on utilise la particule na な en tant que particule de réflexion, c’est un peu comme si on réfléchissait tout haut. C’est aussi une façon de s’adresser à son interlocuteur de manière indirecte. Ce n’est pas une question, ce n’est pas une phrase affirmative, c’est une façon de s’exprimer indirectement à la personne qui nous accompagne.

Paul :
今日暑いなぁ。
Kyou wa atsui naa.
Aah, qu’est-ce qu’il fait chaud aujourd’hui…

Taki :
そうね。とても暑いね!
Soudane. Totemo atsui ne !
Oui, c’est vrai. Il fait très chaud, hein !

Dans cet exemple, Paul dit ce qu’il pense du temps chaud (atsui). Mais sans s’adresser directement à son ami Taki. Bien sûr, Taki n’ignore pas le propos de son ami Paul, et exprime le fait qu’il est entièrement d’accord avec lui.

À noter : « atsui » est un i-adjectif. Lorsque l’on utilise la particule na な avec un i-adjectif, on ne peut pas utiliser le verbe être « desu » pour indiquer la politesse. C’est très important d’apprendre cela, car si dans notre exemple on met « desu » après « atsui », la phrase est grammaticalement fausse.

En effet, la particule na な peut être utilisée uniquement avec des adjectifs et des verbes à la forme familière.

Pour un na-adjectif, la règle veut qu’il soit à la forme familière, donc « desu » est employé à la forme en « da ».

綺麗なぁ。
Kirei da naa.
Que c’est beau !

ゴルフ好きなぁ!
Gorufu ga suki da naa !
Comme t’aimes bien le golf !
(T’as l’air de bien aimer le golf !)



Voyons maintenant d’autres exemples avec des verbes. Rappel : Tout comme les adjectifs que nous avons vus précédemment, les verbes doivent être employés à la forme familière qu’ils soient au présent, passé ou bien au présent progressif.


速く食べてるなぁ。
Hayaku tabeteru naa.
Je trouve que tu manges vite.

食べたなぁ…
Tabeta naa…
Qu’est-ce qu’il s’est empiffré…
Je trouve qu’il a énormément mangé.
(Aah, ce que j’ai bien mangé. )

Avec la phrase « Tabeta naa… », on élabore notre traduction en fonction du contexte.
À vous de jouer !




Dans les phrases suivantes, on combine la particule interrogative ka か avec naa なぁ. On peut ajouter dans la traduction : « Je me demande si… »

明日、東京行けるなぁ…
Ashita, Toukyou ni ikeru ka naa…
Je me demande si je pourrai aller à Tokyo demain…

私、大丈夫なぁ…
Watashi, daijyoubu ka naa…
Je me demande si je vais bien…



II. Emphase et émotion pour attirer l’attention.

Nous l’avons déjà abordé en première partie dans nos exemples. Na な est en effet une particule qui nous permet d’exprimer des émotions, voire attirer l’attention de notre interlocuteur en mettant une certaine emphase dans notre propos.

Grâce à na な, on peut exprimer tout un panel d’émotions aussi bien positives que négatives.
Voyons plusieurs situations dans lesquelles on veut faire passer un message émotionnel :



_ Avec des amis, on est à la recherche d’un restaurant, on regarde les cartes des menus se situant à l’extérieur, et, à un moment donné, on tombe sur un restaurant très cher. On veut exprimer notre étonnement, voire notre frustration :
高いなぁ!
Takai naa !
Qu’est-ce que c’est cher !
Comme c’est cher !
Je trouve que c’est bien trop cher !


_ Un ami part en voyage à Kyoto. On aurait bien aimé partir en voyage également, mais on ne peut pas à cause du travail. On veut donc montrer que l’on envie son ami :

Mon ami :
明日、京都行く。
ashita, kyouto ni iku.
Demain, je vais à Kyoto.

Moi :
いいなぁ! 
ii naa !
Que c’est bien !
Je t’envie !
Comme j’aimerais aussi partir !



Pour exprimer le fait que l’on désir un objet :
新しい携帯欲しいなぁ。
Atarashii keitai ga hoshii naa.
J’aimerais bien avoir un nouveau portable.



Pour se plaindre de quelqu’un qui nous ennuie :
うるさいなぁ !
urusai naa !
Ce que tu es embêtant !
Tu m’ennuies !



Pour faire des plaisanteries ; par exemple, un ami et une amie à vous on l’air de bien s’entendre en se chamaillant, vous pouvez leur dire :
なかいいなぁ!
Naka ii naa !
Comme vous vous entendez bien (tous les deux) !



Dans certains cas, na な remplace la particule ne ね comme dans l’expression « jaane » pour dire « à la prochaine », « à bientôt » qui devient « jaana ». Dans ce cas-là, c’est plutôt masculin, c’est-à-dire que ce sont les garçons qui ont tendance à utiliser « jaana ». Les filles préfèrent employer « jaane ».
Tout comme « arigatou na ! » qui est plutôt masculin, et « arigatou ne ! » qui sonne assez féminin ; pour dire « merci » (dans ce cas, « na » et « ne » signifient « hein », cependant, ce n’est pas une obligation de traduire ces particules finales par « hein » ou « n’est-ce pas »).

Hitomi :
今日ありがとうね!
またね!
Kyou wa arigatou ne !
Matane !
Merci pour aujourd’hui hein ! (le « hein » correspond à « ne »)
À bientôt !

Paul :
ありがとうな!
じゃあな !
Arigatou na !
Jaana !
Merci !
À la prochaine !



On pourrait voir encore beaucoup d’exemples pour exprimer des émotions afin d’attirer l’attention de son partenaire, toutefois, c’est l’expérience qui fait qu’on arrive à juger ce qu’on veut exprimer envers notre interlocuteur en utilisant na な. Soyez curieux et, par exemple, essayez de repérer dans les films japonais en VO les traductions proposées dans les sous-titres lorsque na な est utilisé. Ce n’est pas toujours évident à traduire… surtout quand on ne veut pas trahir les émotions que les acteurs essaient de transmettre.



III. L’interdiction : impératif à la forme négative.

Quand on s’adresse à une personne que l’on tutoie, on peut utiliser la forme négative familière suivante :
Verbe à l’infinitif (forme du dictionnaire) + la particule na な (attention de ne pas utiliser le « na » long « naa »).

お酒飲むな!
Osaka wo nomu na !
Ne bois pas de sake !

甘い物食べるな。
Amai mono wo taberu na.
Ne mange pas de sucrerie.

Faites attention, car cette formulation est assez directe et incisive… On peut l’utiliser envers ses enfants, ou alors, avec des amis intimes, sur le ton de la plaisanterie.

Si vous ne voulez pas prendre de risque, employez plutôt la forme -naide (en ajoutant la particule ne ね, on adoucit la tournure) :

飲まないでね。
Nomanaide ne.
N’en bois pas.

食べないでね。
Tabenaide ne.
N’en mange pas.



En conclusion :

La particule na な est souvent sous-estimée. En effet, elle est très utilisée au quotidien en conversation courant. Les tournures avec na な permettent d’exprimer son humeur, ses émotions, un ton moqueur voire sympathique, et cetera.

Il est vrai que c’est plus « une particule de terrain » que l’on apprend sur le tas, qu’une particule enseignée de manière académique.

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